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Communiqué : Robots tueurs : la France devrait soutenir un traité d'interdiction

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE:
Robots tueurs : la France devrait soutenir un traité d'interdiction

Paris, le 7 novembre 2018 – Aujourd'hui, les membres français de la Campagne contre les robots tueurs publient un rapport « Pourquoi la France doit s'opposer au développement des robots tueurs », qui rappelle les risques liés au développement de systèmes d'armes létaux autonomes et exhorte la France prendre des mesures pour les interdire. A quelques jours du premier Forum de Paris sur la paix, la Campagne appelle la France à soutenir l'ouverture de négociations pour un traité international sur l'interdiction préventive des armes totalement autonomes.

« Le Forum de Paris sur la paix vise à promouvoir la paix et la sécurité et à réaffirmer l'importance du multilatéralisme et de l'action collective face aux défis actuels. Le risque de développer des robots tueurs est un défi à la paix et nous espérons que la France soutiendra activement une solution multilatérale pour y faire face, avec l'adoption d'un traité d'interdiction préventive des armes totalement autonomes. Le temps presse pour empêcher leur émergence, et nous ne pouvons pas attendre qu'ils fassent leurs premières victimes pour agir », déclare Bénédicte Jeannerod, directrice France à Human Rights Watch.

Les robots tueurs sont des systèmes d'armes qui, une fois activés, pourraient choisir et attaquer une cible sans contrôle humain. Pour la Campagne Stop Killer Robots, laisser une machine décider de la vie ou de la mort d'un être humain est une ligne rouge morale et une menace pour le respect du droit international humanitaire et des droits humains.

« Ces systèmes d'armes sont dépourvus de jugement moral et de compassion, et à cet égard, leur permettre de tuer est contraire aux principes d'humanité et aux exigences de la conscience publique », explique Anne-Sophie Simpere, auteur du rapport. « De plus, les armes totalement autonomes ne peuvent respecter le droit international humanitaire, en particulier les règles exigeant la différenciation entre combattants et non-combattants, ou le principe de proportionnalité. Seul un être humain a la précision d'analyse pour appliquer ces principes dans des situations de combat complexes et changeantes.

Les ONG sont également préoccupées par les difficultés à établir clairement la responsabilité des crimes, ainsi que par les risques élevés et systématiques que des robots tueurs pourraient attaquer les mauvaises personnes. « Les programmes informatiques sont imparfaits et les robots ont des capacités dix fois supérieures à celles des humains. Ils peuvent agir à grande échelle, sans pouvoir évaluer la moralité de leur action. La prolifération d'armes totalement autonomes pourrait donc constituer une menace pour la sécurité internationale, d'autant plus qu'elles nécessitent moins de ressources humaines et pourraient donc abaisser le coût de l'engagement dans une guerre », commente François Warlop, de Sciences Citoyennes, membre français de la Campagne Stop. Robots tueurs. De Stephen Hawking à Steve Wozniak, des milliers de scientifiques, mais aussi des chefs religieux et des prix Nobel de la paix dénoncent les dangers des robots tueurs et exigent leur interdiction avant qu'ils ne soient développés.

Pour la Campagne pour arrêter les robots tueurs, un traité est urgent et nécessaire pour empêcher la prolifération et le développement d'armes totalement autonomes. Depuis 2013, les États débattent du sujet aux Nations Unies. Lors de la réunion annuelle de la Convention sur certaines armes classiques, du 21 au 23 novembre, ils devraient adopter les termes de référence du groupe d'experts gouvernementaux sur les armes létales autonomes pour l'année à venir. L'une des options est l'ouverture d'un mandat pour négocier un traité sur ces nouvelles armes.

« La France a une position contradictoire dans ces discussions : d'une part, Emmanuel Macron s'est déclaré catégoriquement opposé aux armes autonomes, tandis que d'autre part, la France ne veut pas entamer des négociations pour un traité d'interdiction préventive. Le ministère des Forces armées maintient qu'il ne permettra pas l'émergence de robots tueurs, tout en développant des programmes d'armes sur lesquels le contrôle humain est de plus en plus réduit. C'est le cas par exemple du programme Man Machine Teaming de Dassault et Thales, dont l'un des objectifs annoncés est de « donner plus d'autonomie et d'intelligence artificielle aux différents systèmes machines », note Tony Fortin, de l'Observatoire des armements.

La Campagne Stop Killer Robots exhorte la France à soutenir l'ouverture de négociations pour un traité international interdisant les armes totalement autonomes.

Pour lire le rapport en ligne, veuillez suivre le lien : https://www.stopkillerrobots.org/wpcontent/uploads/2018/11/HRW_Rapport_Robots_Tueurs_page_seule_06.pdf

Pour accéder à toutes les informations et publications de la Campagne Stop Killer Robots :

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01 43 59 55 35.

Claire Conboy

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